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didactiquede fle

Technologies nouvelles et didactique du FLE

Le CRDP de Haute-Normandie accueille régulièrement en stage des étudiants de l'Université de Rouen (U.F.R. des lettres, département de Sciences du Langage) dans le cadre de leur maîtrise en FLE. Nous publions ici en ligne le rapport d'un stage. Nous remercions les étudiantes et leur professeur d'avoir bien voulu nous donner l'autorisation de le reproduire intégralement.

Enseignant responsable du stage Daniel MODARD
Etudiantes - stagiaires Sophie BLANCHARD et Yaël MINI

INTRODUCTION



Le multimédia dans l'enseignement phénomène de mode ou véritable outil de demain ? Que désigne exactement le terme de multimédia ? Le Groupe Audiovisuel et Multimédia de l'Édition définit le multimédia comme une œuvre comportant, sur un même support, un ou plusieurs éléments (texte, son, images fixes, images animées, programmes informatiques) et dont la structure ainsi que l'accès sont déterminés par un logiciel permettant 1'interactivité. On entend par interactivité technologique (à ne pas confondre avec l'interaction qui caractérise les relations humaines) l'existence d'un dispositif capable de répondre en réaction à une intervention humaine. L'outil multimédia résulte donc d'une association du son, de l'image, de l'hypertexte et de l'informatique.

Depuis le milieu des années 80, on peut dire que l'accent a été mis sur l'utilité des nouvelles technologies au service de l'enseignement. À l'heure actuelle, il semble qu'il soit difficile pour tout professeur qui se respecte de se passer de ces nouvelles technologies dites éducatives. En effet, le marché des produits multimédia pour l'enseignement tend à se développer de façon phénoménale. De plus, l'enseignant doit parfois tenir compte de la politique éducative dans laquelle s'est engagée l'Éducation nationale (accent mis sur utilisation des nouvelles technologies dans l'enseignement, par exemple). Mais il doit aussi se plier aux exigences de l'institution pour laquelle il travaille. Est également déterminant le souhait grandissant des parents et des élèves de voir entrer ces nouveaux outils dans le monde de l'éducation…

Dans le vaste domaine qu'est le monde du multimédia, nous avons décidé de nous pencher sur un produit en particulier : le cédérom.


SCÉNARIOS PÉDAGOGIQUES

Sur le plan pédagogique, l'ordinateur présente des avantages certains, tant pour l'enseignant que pour l'apprenant. En ce qui concerne l'enseignant, celui-ci se trouve amené à repenser ses pratiques de classe, c'est à dire à réorganiser le plan de déroulement de son cours, la disposition de la salle de classe, et opter pour un travail d'équipe. À ce propos, soulignons qu'il est essentiel que les ordinateurs se trouvent au sein même de la classe pour favoriser les échanges enseignant / apprenants / machines.

1) Les places respectives de l'enseignant et de l'apprenant

Certains enseignants éprouvent une petite crainte à l'idée d'intégrer l'ordinateur comme outil pédagogique dans la classe de langue. Ils se sentent quelque peu désécurisés. Ils voient en l'ordinateur un ennemi potentiel, pensant que celui-ci pourrait les supplanter dans le futur. Or, l'objectif n'est pas de faire disparaître définitivement le professeur de la scène. Bien au contraire, celui-ci va jouer un rôle essentiel en guidant ses élèves dans leur apprentissage. L'enseignant va pouvoir aider les élèves à naviguer dans le monde du multimédia. En fait, il n'y a plus deux, mais trois acteurs dans la classe : l'enseignant, l'apprenant et l'ordinateur. Le plus important des trois n'est pas la machine, mais bien l'apprenant. Car c'est sur les besoins de l'apprenant que l'on doit se centrer. L'aspect pédagogique est repensé en termes de " partage " plutôt qu'en termes de " transfert ". La présence du professeur n'est donc pas remise en question. Son nouveau rôle est comparable à celui d'un " prescripteur " pour reprendre la formule de Marie-Josèphe Berchoud, dans un article du Français dans le monde. Il sera là pour conseiller, épauler l'apprenant en cas de difficulté.

Si l'on se place du côté de l'élève, on s'aperçoit que l'ordinateur peut sensiblement accroître la motivation de celui-ci. Il peut également le rendre plus autonome. L'apprenant n'est plus entièrement dépendant du professeur, mais il devient progressivement responsable de son propre apprentissage. Il n'est plus totalement soumis à la façon d'enseigner du professeur, parfois autoritaire, voire dogmatique. De plus, n'oublions pas que le manque de confiance en soi est l'un des obstacles les plus fréquents que rencontre l'élève. Or, face à l'ordinateur, l'apprenant est beaucoup moins inhibé, il déculpabilise plus facilement en cas d'erreur. L'ordinateur ne se mettra jamais en colère, ni ne se lassera de redonner X fois la même consigne. Bref, il est toujours d'égale humeur ! L'élève doit éprouver du plaisir lorsqu'il est dans une situation d'apprentissage. L'ordinateur va susciter chez l'apprenant de la curiosité, surtout si celui-ci se retrouve devant un jeu multimédia, lequel stimule la réflexion. En effet, l'apprenant va être amené à adopter le même comportement, les mêmes types d'apprentissages, d'étude ainsi que de compréhension face à un jeu que face à un exercice scolaire. Ainsi, apprendre et étudier dans ce contexte devient une activité beaucoup plus captivante pour l'enfant. Enfin, étant contemporaine des nouvelles technologies, la jeune génération est particulièrement bien familiarisée avec l'ordinateur. Cet outil lui est de moins en moins étranger, ce qui est une raison supplémentaire pour l'intégrer dans la classe.

2) L'âge du public

Les méthodes ainsi que les techniques pédagogiques doivent être adaptées à la personnalité de l'enfant. Les activités proposées à l'élève sont censées développer chez celui-ci la notion de concept, c'est à dire reconnaître des opérations mentales à acquérir, afin de les traiter ensuite en tant qu'objectifs d'apprentissage. Cette démarche s'inscrit dans une perspective observation / exploration -. abstraction / généralisation. l'apprenant fait alors un effort de réflexion personnelle, s'implique dans son apprentissage, et élabore sa propre méthode de travail.

3) L'importance d'utiliser différents supports en classe

L'enseignant doit comprendre l'importance d'alterner ses méthodes, dans le but de répondre aux différents types d'esprits et d'objectifs de ses élèves. Cela signifie avoir recours à des supports variés le support papier (livre, affiches, etc.), l'écran (l'ordinateur), et autres… Mais l'intégration du multimédia, seule, ne suffit pas. L'enseignant doit procéder à une réelle reconsidération de ses choix didactiques. L'ordinateur ne doit pas se retrouver au service de la pédagogie traditionnelle, déguisée sous un habit neuf et plus attrayant. Le multimédia n'est pas qu'un bel outil à la mode. Il entre dans le cadre de finalités bien déterminées.

4) Vers une autonomie de l'apprenant

Le fait est que dans le cadre de l'apprentissage d'une langue étrangère, l'école a jusqu'ici peu favorisé l'auto-apprentissage chez l'élève. Celui-ci se retrouvait davantage dans une situation de receveur passif, que dans une situation d'acteur, prenant on charge son apprentissage de façon plus ou moins autonome. Pour que l'apprenant devienne plus autonome, il faut " déconditionner ". En fait, cette démarche vers l'autonomie devrait prendre place le plus tôt possible, autrement dit dès la maternelle. Concrètement, les activités proposées à l'élève doivent bien évidemment développer l'autonomie chez ce dernier. Les activités doivent être cohérentes avec les objectifs que l'on se fixe. Les utilisateurs du multimédia en classe devrait toujours garder présent à l'esprit que c'est dans cette perspective d'autonomisation de l'apprenant que cet outil a sa place dans l'enseignement.

5) De nouvelles opérations mentales

L'introduction du multimédia dans les nouvelles pratiques pédagogiques vont demander de l'apprenant des stratégies à mettre en place, stratégies différentes de celles auxquelles il était habitué. Le savoir qui lui est exposé n'est plus linéaire : avec l'ordinateur, les savoirs ne sont plus hiérarchisés. Il ne s'agit plus d'une construction linéaire de la textualité, mais plutôt d'une construction circulaire. L'élève va devoir réorganiser les informations qui lui parviennent, et construire du sens, un tout cohérent. Une des stratégies que va devoir mettre en place l'apprenant est l'anticipation. Celui-ci va naviguer sur l'écran grâce aux différentes icônes. L'apprenant va être amené à faire des hypothèses quant à ce que l'écran suivant va lui montrer, en cliquant sur telle ou telle interface. Une autre stratégie est celle de l'exploration. L'élève analyse alors des repères, des codes qui vont lui permettre de naviguer dans le logiciel ou le cédérom. Il va devoir déchiffrer quelle icône lui permettra de revenir en arrière, d'aller consulter une aide, etc. Enfin, une troisième stratégie est celle de l'association par le sens. Au cours de sa navigation, l'élève va faire appel à sa mémoire visuelle, auditive et kinésique. Cela participe à un renforcement de la mémorisation.

ACTIVITÉS


Le multimédia permet des exploitations individuelles variées. Il n'empêche que l'enseignant doit préparer des tâches ou des scénarios avec ses élèves. Ainsi, l'enseignant peut didactiser les cédéroms qu'il va présenter à la classe, ou élaborer avec ses élèves, des hypermédias contenant des éléments variées et authentiques.
Nous insistons pour souligner que c'est la première fois que nous nous intéressons de près à l'utilisation du cédérom en classe de FLE. Nous n'en sommes encore qu'au stade de la sensibilisation aux nouvelles technologies au service de l'enseignement des langues. N'ayant pour le moment aucune expérience réelle de l'utilisation de cet outil en classe de FLE, il nous a été difficile d'imaginer des scénarios pédagogiques. Nous ne sommes pas en mesure de dire si les scénarios que nous allons présenter sont envisageables concrètement, s'ils sont pertinents ou non. Nous avons fait tout notre possible pour nous mettre à la place de l'enseignant, et des élèves qui se retrouveront face à ces scénarios. Nous considérerons donc ce qui suit comme des hypothèses de scénarios pédagogiques.

SCÉNARIO 1

À partir du sommaire de Salut ça va !, l'enseignant demandera aux apprenants d'émettre des hypothèses au sujet du style des différents jeux qu'ils vont trouver dans le cédérom. Cette étape permettra à l'enseignant d'aborder avec ses élèves le système de navigation du cédérom qui est relativement difficile. Les élèves vont être conditionnés en vue de stratégies d'exploration : quelles démarches vont-ils adopter pour décoder les symboles, icônes, et autre repères nécessaire à la navigation?

Les élèves émettront des hypothèses quant au rapport existant entre une icône et ce à quoi elle renvoie.

On procèdera ainsi à une démarche de conceptualisation, d'abstraction d'éléments concrets affichés à l'écran.

Ce travail pourra se faire par groupes de deux ou trois élèves.

SCÉNARIO 2

1) Description objective

Des scénarios pédagogiques pourraient être élaborés sur les thématiques suivantes :

- Les chiffres (Salut ça va ! et Princesse dragonne)

- La nourriture (Salut ça va !)

- Les instruments de musique et la chanson (Salut ça va !)

- L'espace (Salut ça va !)

- Le temps (Salut ça va !)

- Les parties du corps humain (Salut ça va ! et Princesse Dragonne)

- Parler de soi et des autres (Salut ça va !)

2) Application pédagogique

- Pour chaque thème, l'enseignant va placer l'apprenant dans une situation de comparaison entre la culture I et la culture 2. L'enseignant va préciser les objectifs à atteindre les élèves devront faire des petites fiches mettant en évidence les différences et les similitudes.

- Ensuite, l'enseignant va rectifier les erreurs de jugements, apporter des compléments d'informations et relativiser les stéréotypes émis par les élèves et présentés dans les cédéroms.

Ce scénario vient en complément de cours. On peut ajouter que ce scénario est très accès sur la linguistique et le culturel. Les activités sont contrôlées, sanctionnées, ou corrigées, soit par les cédéroms (voir les phases en deux temps " prépare-toi " et " joue " de Salut ça va !), soit par l'enseignant (rectification de jugements).

SCÉNARIO 3

1) Approche globale

On donnera les illustrations ainsi que les points forts du roman présenté dans Princesse dragonne. À partir des illustrations, on demandera aux apprenants d'émettre des hypothèses quant au thème de l'histoire. Rappelons que l'une des difficultés que les apprenants peuvent rencontrer face à un nouvel outil tel que le cédérom, est de hiérarchiser des blocs d'informations, et de les faire converger vers un même point. L'apprenant peut trouver difficile d'avoir une vision globale du cédérom. Il peut avoir du mal à se repérer et à choisir les points pertinents de l'histoire. Il peut encore rencontrer des problèmes de concentration. Enfin, l'apprenant peut avoir des difficultés à transformer les informations (les illustrations) en savoir (ce à quoi elles peuvent bien renvoyer). L'enseignant devra donner quelques conseils auparavant afin d'aider ses élèves.

Ensuite, l'enseignant donnera aux apprenants le roman qui aura été imprimé dans son entier (à voir selon les moyens matériels de l'institution). Il sera alors demandé aux élèves de confronter leurs hypothèses avec le roman qu'il ont sous les yeux. Ce travail pourra se faire en groupe.

2) Approche linguistique

Les apprenants feront une lecture fleuve du roman, à l'écran. Ils liront et écouteront, mais n'interrompront pas la lecture : pas de retour en arrière, ni possibilité de cliquer sur les mots non compris. À l'issu de la première lecture, l'enseignant posera quelques questions de compréhension globale : qui ? / combien de personnages ? / quoi ? / quand ? / etc. Puis, on procèdera à une deuxième lecture du roman. Celle fois, les élèves pourront intervenir et consulter les mots non compris lors de la première lecture. Après ce deuxième passage, l'enseignant vérifiera ce qui a été saisi et complètera avec les apprenants les points qui restent obscurs.

SCÉNARIO 4

- Tout d'abord, un travail en groupe sera effectué préalablement en classe. Il s'agira de mettre sur papier, mais sans rédiger, les idées principales de l'histoire que vont inventer les élèves sur le cédérom Le Secret du château. L'enseignant sera présent pour donner le vocabulaire, guider et conseiller les élèves sur la manière d'élaborer leur histoire.

- Ensuite vient la rédaction sur ordinateur. Dans un premier temps, les élèves planteront le décor de leur histoire (insertion sur l'écran de personnages, objets et paysage...). Cette étape est nécessaire pour son intérêt ludique. Dans un deuxième temps, on tapera le texte de son histoire. Là encore, l'enseignant sera là pour vérifier l'orthographe, la syntaxe, etc.

- Les récits de chaque groupe seront imprimés et affichés au fond de la classe.

- La mise en scène du texte: chaque groupe s'enregistrera grâce à la reconnaissance vocale. Cette étape permet un travail sur la phonétique, mais il donne aussi la possibilité aux élèves de simuler un personnage et d'adopter un comportement théâtral.

- L'enseignant vérifiera la prononciation et apportera conseils et corrections si nécessaire
CONCLUSION


Il est encore trop tôt pour procéder à une évaluation objective de l'ordinateur et du cédérom en classe de FLE afin de déterminer l'efficacité réelle de ces nouveaux outils pédagogiques. Seul le temps nous dira ce que l'ordinateur modifie et apporte exactement dans le comportement de l'apprenant face à son apprentissage. Toujours est-il que le cédérom semble avoir encore de beaux jours devant lui. Celui-ci n'est pas prêt de disparaître : si l'on se projette dans l'avenir, on s'aperçoit vite que le DVD-Rom ne tardera pas à prendre la relève. De plus, les institutions éducatives ou de formation mettent progressivement en place des espaces multimédias ou des médiathèques, lesquels font largement appel aux cédéroms.

Toutefois, ne perdons pas de vue que le cédérom se doit d'être un outil capable de moderniser les méthodes, et non de présenter une méthode ancienne sur un outil moderne.

Enfin, abordons un point essentiel qui est celui de la formation de l'enseignant, car celui-ci ne peut que constater que l'ordinateur en classe de langue est un phénomène qui entre de plus en plus

BIBLIOGRAPHIE


BARBOT et CAMATARRI, Autonomie et apprentissage, L'innovation dans la formation, PUF.
LANCIEN Thierry, Le Multimédia, Clé international.
PORCHER et GROUX, L 'apprentissage précoce des langues, Que sais-je ?.
Le Français dans le monde, n° 303.

sources technologies nouvelles et didactique de fle
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#Posté le lundi 21 mai 2007 14:28

sciences du language

Licence mention : Sciences du langage

Diplôme national

Lieu(x) d'enseignement : Nantes

Niveau(x) de recrutement : Bac + 2

Durée des études : 1 an


Objectifs



Du point de vue pédagogique, ce parcours aura pour objet :

- D'apporter une initiation progressive aux différents champs de la linguistique et des sciences cognitives (acquisition, psycholinguistique, pathologies).

- De former les étudiants à l'utilisation de méthodes classiquement utilisées dans les Sciences Humaines (Analyse de corpus et de bases de données, Statistiques, Expérimentation, Outils informatiques).

- D'offrir aux étudiants la possibilité de commencer à se former plus spécifiquement dans deux domaines qui nous semblent particulièrement porteurs des apports que les Sciences du Langage pourront représenter dans les années à venir : l'étude des mécanismes d'acquisition et d'apprentissage du langage oral d'une part ; l'initiation aux problématiques du traitement automatique du langage en insistant particulièrement sur l'aspect oral.

- Cette formation pourra également intéresser des étudiants souhaitant se diriger vers les études d'orthophonie ou des orthophonistes qui souhaiteraient acquérir une formation plus approfondie en linguistique.

- La formation proposée fournira également des contenus liés aux problématiques de la communication qui pourraient intéresser les étudiants souhaitant se diriger vers un L3 en « Information-Communication ».

Programme



Parcours « Sciences du Langage » :

Les étudiants inscrits en « Lettres Modernes » suivent, en L1 et L2, un ensemble d'enseignements communs et peuvent choisir des enseignements optionnels de linguistique.
Voir la fiche Licence Lettres modernes
Dans le cadre du tronc commun, un certain nombre d'UE ou d'enseignements constitutifs (EC) de linguistique générale sont partie intégrante de la formation en « Lettres Modernes » (S1 : 6ECTS - UE Linguistique et Grammaire-, S2 : 3ECTS -EC Histoire de la langue-, S3 : 3ECTS -EC Morphosyntaxe-, S4 : 3ECTS - EC Outils linguistiques pour le texte-). A ceux-ci s'ajoutent des enseignements de langue (vivante ou ancienne) obligatoires ou optionnels. Les enseignements de linguistique permettent aux étudiants qui le souhaitent de valider semestriellement jusqu'à 12 ECTS dans des UE de linguistique au cours des semestres 2 à 4 tout en poursuivant leur formation fondamentale en littérature.

En L3 (S5 et S6) les parcours « Lettres Modernes » et « Sciences du Langage » bifurquent afin d'apporter aux étudiants qui souhaitent s'orienter vers la linguistique une formation approfondie dans les différents domaines de la linguistique (phonologie, morphologie, syntaxe, sémantique, pragmatique, acquisition, psycholinguistique, sociolinguistique...). A l'issue de cette troisième année, les étudiants valident une licence mention « Sciences du Langage ».

LICENCE 3

Semestre 5 (4 UEF et 1 UEC)

UEF Phonologie 6 ECTS
UEF Syntaxe 6 ECTS
UEF Sémantique 6 ECTS
UEF Acquisition et Apprentissage des Langues 6 ECTS
UEC Psycholinguistique et Sociolinguistique 6 ECTS ou
UEC Préparation Professorat des Ecoles 6 ECTS

Semestre 6 (3 UEF et 2 UEC)

UEF Morphologie 6 ECTS
UEF Pragmatique 6 ECTS
UEF Linguistique comparée 6 ECTS
2 UEC au choix parmi 3 :
UEC Acquisition et Pathologies du Langage 6 ECTS
UEC Traitement Automatique du Langage 6 ECTS
UEC Méthodologie expérimentale 6 ECTS

Conditions d'admission

Capacité d'accueil :

Effectifs attendus :
Licence 3 : 35

Pré-requis :



Publics visés : étudiants provenant des deux premières années de la licence « Lettres Modernes » et ayant validé au moins 24 ECTS dans des UE de linguistique générale. Les passerelles sont décrites dans le programme du parcours "Sciences du langage".
Débouchés



Poursuite d'études à Nantes :

Master 1 sciences du langage
Master recherche sciences du langage

Les débouchés sont variés et se dessinent progressivement en fonction du parcours de l'étudiant et de ses intérêts. L'intérêt pour des disciplines proches (littérature, informatique, philosophie, etc) peut constituer un atout dans l'élaboration du projet professionnel de l'étudiant.

- Pour les étudiants titulaires du grade de Licence, les concours de l'enseignement (professorat des écoles, CAPES) peuvent constituer une voie privilégiée mais il est également possible d'intégrer des écoles de formation spécialisées (journalisme, communication, publicité, métiers du livre, etc).

Conditions d'obtention du diplôme

Un diplôme de DEUG est délivré à la validation de la deuxième année de Licence.

Voir les règles communes de contrôle des connaissances


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#Posté le lundi 21 mai 2007 14:07

sciences des textes litteraires

Sciences du texte et analyse de discours
Entretien avec Ute Heidmann et Jean-Michel Adam
à l’occasion de la sortie de l’ouvrage : Sciences du texte et analyse de discours, Genève, Éditions Slatkine (2005)



Propos recueillis par Raphaël Baroni

Dans l’introduction au volume Sciences du texte et analyse de discours, vous situez cet ouvrage dans le prolongement d’un colloque organisé en 2002 à Cerisy par Ruth Amossy et Dominique Maingueneau, dont les actes ont été publiés récemment sous le titre L’analyse du discours dans les études littéraires (Presses Universitaires du Mirail, 2004). Dans leur sillage, vous affirmez qu’en passant de la « nouvelle critique » à l’analyse du discours, « la linguistique structurale triomphante a été remplacée par les sciences du langage et l’autonomie du texte par la contextualité du sens ». Vous entendez insister notamment, dans cette nouvelle contribution, sur le « dialogue des disciplines et des positions théoriques » (p. 7). Votre ouvrage est lui-même le produit d’un colloque qui s’est tenu à Lausanne en 2004, qui ponctuait les deux premières années de travail d’un programme de recherche interdisciplinaire en sciences humaines (IRIS4) financé par l’Université de Lausanne.
Au vu de la manière dont s’est déroulé ce programme au sein de l’institution universitaire lausannoise, pouvez-vous esquisser aujourd’hui quels sont les principaux enjeux et les difficultés majeures liés à la mise en place d’un dialogue interdisciplinaire dans le champ de l’analyse de discours ?

En nous référant au colloque de Cerisy organisé par Ruth Amossy et Dominique Maingueneau, nous avons voulu essentiellement nous situer dans le programme de remembrement des études littéraires fixé par Tzvetan Todorov, dès 1978, et repris par lui dans l’édition anglaise des Genres du discours (Paris, Seuil, 1978 : 26) :

Un champ d’études cohérent, pour l’instant découpé impitoyablement entre sémanticiens et littéraires, socio- et ethno-linguistes, philosophes du langage et psychologues, demande […] impérieusement à être reconnu, où la poétique cédera sa place à la théorie du discours et à l’analyse de ses genres. (1978 : 26)

Plusieurs conséquences découlant de cette position sont aujourd’hui au centre de l’analyse des discours. Le fait, d’abord, de reconnaître que « Les genres littéraires […] ne sont rien d’autre qu’un […] choix parmi les possibles du discours, rendu conventionnel par une société » (1978 : 23). Le fait, ensuite, que : « Le choix opéré par une société parmi toutes les codifications possibles du discours détermine ce qu’on appellera son système de genres » et que « Les genres du discours […] tiennent tout autant de la matière linguistique que de l’idéologie historiquement circonscrite de la société » (1978 : 23-24). Cet élargissement du corpus rend nécessaire la collaboration de chercheurs de divers secteurs des sciences du langage et des sciences littéraires car :

Chaque type de discours qualifié habituellement de littéraire a des « parents » non littéraires qui lui sont plus proches que tout autre type de discours « littéraire ». […] Ainsi l’opposition entre littérature et non-littérature cède la place à une typologie des discours.
[…] A la place de la seule littérature apparaissent maintenant de nombreux types de discours qui méritent au même titre notre attention. Si le choix de notre objet de connaissance n’est pas dicté par de pures raisons idéologiques (qu’il faudrait alors expliciter), nous n’avons plus le droit de nous occuper des seules sous-espèces littéraires, même si notre lieu de travail s’appelle « département de littérature » (française, anglaise ou russe). (1978 : 25)

Ce programme a pour conséquence une redéfinition à terme des disciplines et des domaines académiques que les grandes institutions européennes s’efforcent de mettre en place. Alors que l’on pouvait croire, à la fin du XXème siècle, que la coupure institutionnelle entre études des langues et études des littératures rendait définitivement impossible le dialogue des disciplines, chaque année, depuis 2002, nous avons été invités dans des colloques internationaux qui réunissaient des linguistes et des littéraires. En septembre 2002, à Cerisy-la-Salle, c’était la place de l’analyse du discours dans les études littéraires qui était au centre des débats. L’ouvrage qui est issu de ce colloque donne une bonne idée de la raison qui nous amène, avec Dominique Maingueneau, à parler de « tournant discursif ». En octobre 2003, à l’Université de Toulouse-le-Mirail, Michel Ballabriga, François-Charles Gaudard et François Rastier avaient choisi un beau titre pluriel : « Littératures et linguistiques ». En septembre 2004, l’Université de Bologne a organisé à un colloque à forte présence anglo-saxonne intitulé « Pour une approche linguistique de l’art verbal : théorie et pratique », qui a débouché sur une publication en anglais (Language and Verbal Art Revisited. Linguistic Approaches to the Literature Text, Donna R. Miller & Monica Turci éds., New York-Toronto, Equinox Linguistics Books, 2005). Enfin, à la fin du mois d’août 2005, dans le cadre des Universités de Copenhague et de Roskilde, le grand congrès des romanistes scandinaves donnait un poids fort au thème « Littérature et linguistique » auquel une de trois conférences plénières était consacrée. Issues de réseaux de chercheurs très différents, ces rencontres prouvent que les relations entre les recherches linguistiques et littéraires sont, en ce début de XXIe siècle, quoiqu’en disent et pensent certains, de nouveau d’actualité. Il reste toutefois à donner un cadre épistémologique à ce qui pourrait constituer une nouvelle alliance. C’est précisément ce à quoi nous travaillons depuis des années, dans notre groupe de recherches interdisciplinaires et dans la Formation doctorale interdisciplinaire que nous avons conçue à l’Université de Lausanne avec notre collègue helléniste Claude Calame, aujourd’hui à l’EHESS. Nous y développons une réflexion sur l’interdisciplinarité que nous opposons autant à la simple juxtaposition pluridisciplinaire qu’à la fusion transdisciplinaire aujourd’hui à la mode. L’ouvrage auquel vous faites référence prolonge un premier livre directement issus des travaux de notre groupe de recherche lausannois : Poétiques comparées des mythes (Ute Heidmann éd., Lausanne, Payot, 2003).
Cette dynamique de recherche est, bien sûr, confrontée à un certain nombre de difficultés institutionnelles et disciplinaires. D’un côté, les travaux linguistiques, de plus en plus techniques et spécialisés, privilégient volontiers des corpus oraux plutôt qu’écrits. De l’autre, certains enseignants de littérature délaissent de plus en plus la langue et la question du langage au profit d’un vaste et vague domaine « culturel ». Pour le dire autrement, le « et » qui unit « linguistique et littérature » exprime le continu d’une pensée du langage qui fut celle de Wilhelm von Humboldt, de Roman Jakobson ou du Cercle de Bakhtine, pensée du continu qui se rencontre aujourd’hui dans les travaux d’Henri Meschonnic et d’Harald Weinrich. Ce « et » est devenu, en fait, le signe d’une discontinuité accentuée par une logique institutionnelle qui divise les savoirs et les fixe dans des disciplines autonomes, soucieuses – pour ne pas dire jalouses – du tracé de leurs frontières. Comme le déplorait Jean-Louis Chiss dans un autre colloque interdisciplinaire consacré aux relations entre littérature et sciences humaines : « Malgré les tentatives d’« articulation », la volonté « interdisciplinaire » […], on ne parvient pas à penser et à enseigner la relation de la langue (des langues) à la littérature (aux littératures) dans une théorie du langage » 1.
Cette recherche d’une pensée du continu du langage passe, selon nous, par la reconnaissance de la nature discursive du fait littéraire et plus largement du langage humain en général. Nous pensons, comme Henri Meschonnic, que la littérature « se fait dans l’ordre du discours, et requiert des concepts du discours » (Henri Meschonnic, Poétique du traduire, Paris, Verdier, 1999 : 222).

Aujourd’hui, quelles sont selon vous les rôles que peuvent jouer respectivement la linguistique textuelle et la méthode comparative au sein de l’analyse de discours ?

J.-M. Adam: Le rôle de la linguistique textuelle dans l’analyse de discours est l’enjeu de mon dernier livre (La linguistique textuelle. Introduction à l'analyse textuelle des discours, A. Colin 2005). J’y défends l’idée de la nécessité, au sein du champ interdisciplinaire de l’analyse de discours, d’une théorie du texte. La linguistique textuelle a selon moi la double tâche de fournir à l’analyse de discours une redéfinition (non grammaticale, non textualiste-formaliste) du concept de texte. Elle doit décrire les agencements d’énoncés élémentaires au sein de l’unité de haute complexité que constitue un texte. Cette dernière tâche l’oblige à théoriser et fournir les instruments de description des relations d’interdépendance co-textuelles qui font d’un texte un réseau de co-déterminations. Mon dernier livre porte sur la description et la définition des différentes unités textuelles ainsi que sur les opérations de textualisation dont, à tous les niveaux de complexité, les énoncés portent la trace : opérations de segmentation (discontinuité de la chaîne verbale qui va de la segmentation des mots à celle des paragraphes et parties d’un texte) et opérations de liage (fabrique du continu). À côté de cette linguistique transphrastique qu’illustrent bien les travaux sur les anaphores, sur les connecteurs et sur les temps verbaux, il y a place pour une « linguistique textuelle » plus ambitieuse, entendue dans le sens d’Eugenio Coseriu (Textlinguistik. Eine Einführung, Tübingen/Basel, Francke, 1994), c’est-à-dire comme une théorie de la production co(n)textuelle de sens, qu’il est nécessaire de fonder sur une analyse de textes concrets articulée à l’analyse de discours. C’est cette démarche que je propose d’appeler analyse textuelle des discours. J’insiste longuement, au début de mon livre (2005 : 9-18), sur l’importance des propositions d’Emile Benveniste dans son ébauche, fin 1969, d’une définition de la « translinguistique des textes, des œuvres » qui prolonge les interrogations de Ferdinand de Saussure sur la « langue discursive ». Je considère que les réflexions de Mikhaïl M. Bakhtine sur les genres de la parole et sa « metalingvistica », même si elles manquent de propositions descriptives et de concepts linguistiques permettant de définir le concept de genre, dessinent un cadre théorique qui complète partiellement le vide laissé par la brutale interruption des travaux de Benveniste. Après d’autres, c’est très précisément là que je me situe, dans la recherche têtue d’une définition de la « translinguistique des textes, des œuvres » fondée sur la linguistique de l’énonciation et sur la linguistique textuelle.

Ute Heidmann: Comme nous le soulignons dans l’introduction de Sciences du texte, la démarche contrastive est courante depuis les premiers travaux de l’Analyse de Discours Française. En 1971, Lucile Courdesses comparait le fonctionnement de la négation, des phrases passives et de la nominalisation dans deux discours de Léon Blum et de Maurice Thorez (Langue Française n° 9). Dans le même numéro, Denise Maldidier comparait la façon dont six quotidiens parisiens ont rendu compte, le 13 mai 1958, d’un discours du général de Gaulle. Dans une perspective déjà interdisciplinaire, la même linguiste s’était associée à l’historienne Régine Robin (1976-77) pour saisir la construction d’un événement – le meeting de Charléty en mai 1968 – à travers la comparaison croisée de quatre quotidiens français : Le Figaro, L’Aurore, Combat et L’Humanité et de trois genres journalistiques : le reportage, le commentaire et l’éditorial. Il est frappant de voir que la comparaison portait déjà sur des genres, même s’ils étaient alors définis comme des « formes rhétoriques distinctes ». La définition de ces « formes » ou « formations rhétoriques » visait à complexifier le concept de « formation discursive » et elle était bien proche de ce que nous pourrions dire aujourd’hui des genres : « ensemble des contraintes qui régissent la dispositio, les stéréotypes, les figures, les mécanismes énonciatifs, etc. » (Maldidier & Robin 1977 : 22). Nous faisons également référence au fait que, dans l’avant-propos de leurs Exercices de linguistique pour le texte littéraire, Dominique Maingueneau et Gilles Philippe considèrent la comparaison comme un moyen d’échapper à la clôture du texte qui préside aux explications de textes et qui a été reconduite par les approches structuralistes :

Nous privilégions, en outre, les analyses comparatives, démarche étrangère aux commentaires stylistiques et aux explications de textes traditionnels, qui abordent les extraits comme des totalités autosuffisantes. Il nous semble, en effet, que la confrontation est éclairante : des œuvres qui paraissent très différentes peuvent se révéler proches, d’autres qui se réclament de la même esthétique peuvent diverger considérablement. De manière plus large, la comparaison permet d’attirer l’attention sur des phénomènes qui, sans cela, auraient été négligés. (Maingueneau & Philippe 1997 : V)

Ces convergences expliquent l’importance méthodologique que nous accordons dans ce livre à la comparaison. Dans mon article, je mets en relation le comparatisme et l’analyse de discours en élaborant une théorie de la comparaison différentielle dont Silvana Borutti montre l’intérêt épistémologique dans l’épilogue du livre. J’essaie d’éclairer l’avantage heuristique de prendre davantage en compte les différences si souvent négligées en faveur des ressemblances et de prétendus universaux dans l’analyse des langues, des littératures et des cultures. En rappelant la nécessité de travailler sur la dimension langagière et textuelle des phénomènes culturels, je propose des éléments d’une méthode comparative d’analyse (trans)textuelle qui se fonde sur un modèle dynamique du texte conçu comme discours. J’illustre les principes de cette méthode d’analyse comparée des discours – appliqués dans mes travaux antérieurs aux récritures des mythes et des contes – en comparant deux contes de Perrault avec leurs traductions anglaises par l’écrivaine Angela Carter. Je considère en effet le texte d’origine et la traduction comme deux énonciations singulières dont chacune construit ses effets de sens en se liant de façon significative à son propre contexte socioculturel et linguistique. Le rapport entre texte original et traduction fonctionne à mon avis sur le mode de ce que je conçois comme un dialogue intertextuel entre les langues et les littératures. Ce dialogue intertextuel est partie intégrante du perpétuel dialogue entre les langues et les littératures décrit par Bakhtine que la comparaison différentielle a pour tâche de mettre en évidence.

Les enjeux propres à ces disciplines ont-ils été transformés par l’émergence de l’analyse de discours, de la nouvelle rhétorique, de la pragmatique et de la linguistique énonciative ?

J.-M. Adam: Répondre à cette question reviendrait, pour ma part, à faire une épistémologie et une histoire des passages de la grammaire de texte à la pragmatique textuelle et à l’analyse textuelle des discours. Je ne peux donc pas répondre autrement qu’en redisant l’ancrage de mes travaux dans la « translinguistique des textes, des œuvres » de Benveniste. Plus que la « nouvelle rhétorique » ou la pragmatique, j’ai beaucoup appris des théories de l’argumentation développées aussi bien par ce qu’on pourrait appeler l’Ecole de Bruxelles (travaux de Marc Dominicy, Emmanuelle Danblon et Michel Meyer) qu’au Centre de Recherches Sémiologiques de Neuchâtel, autour de Jean-Blaise Grize et de Marie-Jeanne Borel. Croisant philosophie, linguistique, logique, les recherches menées dans ces deux grands centres européens ont eu une influence importante sur l’évolution de mes recherches et l’écart que j’ai pris un temps par rapport à ce qu’était devenue l’analyse de discours française, la sémiotique et la poétique littéraire.

Ute Heidmann: La littérature comparée comme discipline, en tout cas telle qu’elle est pratiquée en France, prend très peu en compte les propositions et concepts élaborées par la linguistique énonciative et textuelle et l’analyse de discours. En Allemagne, en Italie et dans les pays anglosaxones en revanche, les comparatistes comme Pierre Zima, Harald Weinrich, Cesare Segre et Earl Miner emploient et adaptent les concepts et modèles proposés par l’analyse de discours et la linguistique textuelle de façon extrêmement fructueuse et inventive. C’est tout à fait dans ce sens et avec cet objectif que je propose de prendre en compte certains concepts très dynamiques de la langue, de la textualité et de la généricité pour l’analyse comparative des cultures et littératures.

Dominique Maingueneau insiste, depuis de nombreuses années, sur l’impossibilité de séparer le texte de son contexte, l’un étant contenu dans l’autre et inversement. Il souligne ainsi que la scène d’énonciation est inscrite dans le texte et que ce dernier, en se rattachant à une formation interdiscursive, devient lui-même le contexte d’autres textes. Si l’on suit cette conception de l’intrication entre texte et contexte, y a-t-il encore sens à abstraire, pour des raisons heuristiques, le texte de son contexte ? Ou, pour le formuler autrement, l’analyse textuelle peut-elle encore être pensée comme une « étape » dans l’analyse de discours, étape qui se situerait idéalement avant la prise en compte du contexte ? A l’inverse, ne pourrait-on pas se demander si le concept même de texte est en train de se dissoudre dans celui de discours ?

Le contexte d’un texte donné, ce sont selon nous les genres présents dans l’interdiscours dont il est issu ainsi que l’intertextualité qu’il mobilise. Nous trouvons le contexte d’un texte dans les variations historiques de ses éditions, dans les énoncés péritextuels et les co-textes qui l’entourent matériellement ainsi que dans les gloses successives dont il a été l’objet par son auteur ou des commentateurs (métatextes). Le rôle de l’analyse de discours n’est pas tellement d’étudier des textes, mais des séries de textes. Pour réaliser ce projet, elle dispose du concept de genres de discours. Nous concevons (dans un article paru dans Langage n° 153 en 2004 et dans un article à paraître dans La Licorne) le genre plutôt comme une dynamique (généricité) que comme une classe de textes. Elle relie en effet un texte donné le plus souvent à plusieurs genres de discours présents dans l’interdiscours d’une communauté socio-historique. Un genre n’est pas une catégorie abstraite et absolue. Chaque groupe social élabore, au cours de son histoire, des systèmes de genres. On peut donc parler de systèmes de genres journalistiques, juridiques, religieux, littéraires, scientifiques, etc. C’est en référence à un ou des systèmes de genres qu’un texte se place dans un contexte interdiscursif.
Dans un livre sur les contes écrits que nous avons fini d’écrire cet été, nous étudions des recueils auxquels l’édition a fait subir, au fil des siècles, des opérations de textualisation multiples. Ces éditions re-contextualisent les contes écrits en touchant non seulement à sa matière verbale interne (orthographe, typographie, ponctuation des phrases, du discours direct et des paragraphes, voire même des éléments textuels), mais aussi à ses péritextes (changements de titre et de nom d’auteur, suppression de moralités et de dédicaces) et à sa facture de recueil (changements des co-textes par modification de l’ordre des textes et/ou ajout des contes en vers de Charles Perrault). Ces variations éditoriales font bouger le texte lui-même. La Barbe bleue ou Le Petit chaperon rouge ne sont pas des textes uniques et stables, donnés en soi. Ce sont des objets contextuels produits par des textualisations auctoriales et éditoriales changeantes. On voit que les concepts de texte et de contexte ne s’opposent plus aussi clairement quand on interroge la nature de l’objet même. Un texte n’est donc pas une entité stable, autonome et fermée, mais bien « contextuelle », si l’on entend par là ouverte à des relations péritextuelles, co-textuelles, intertextuelles et métatextuelles. Le système de genres et la langue sont les deux composantes constitutives de l’interdiscursivité définie comme possibilité de formes de discours disponibles (tant à la production qu’à l’interprétation) dans la communauté socio-discursive des auteurs, éditeurs et lecteurs. Cette généricité est corrélée à la convocation d’intertextes aussi indispensables eux-mêmes que les énoncés co-textuels. On aboutit ainsi à un système (de textualité) qui lie étroitement les concepts de co-texte, péritexte, intertexte et genre 2.

(à Ute Heidmann) Dans votre contribution, vous définissez une forme de comparatisme d’un type bien particulier que vous baptisez le « comparatisme différentiel ». En quoi cette méthode d’analyse, qui se préoccupe moins de faire apparaître des invariants que de souligner la singularité des textes dans leurs contextes de production particuliers, se distingue-t-elle d’autres pratiques comparatistes ?
Pourriez-vous préciser dans quelle mesure la méthode comparatiste a été affectée par le virage en direction de la recontextualisation du sens dont l’analyse du discours se réclame ?

Ma proposition porte dans un premier temps sur un certain type de comparaison (avant d’être une forme de comparatisme) que je baptise une comparaison « différentielle » en l’opposant à un type de comparaison plus courant que j’appelle une comparaison « universalisante »
Si l’incitation à comparer est souvent donnée par la perception d’un trait commun de deux ou plusieurs phénomènes ou textes, rien ne nous oblige en réalité à généraliser ce trait pour constituer des invariants ou universaux. Ces universaux ressemblent d’ailleurs souvent à des stéréotypes et à des généralités simplifiées qu’aux connaissances approfondies que l’on est en droit d’attendre d’une démarche scientifique. Il est en effet tout à fait possible d’imaginer une autre démarche : celle qui consiste à reconnaître que, malgré le trait commun perçu à prime abord, les phénomènes ou textes à comparer sont fondamentalement différents. Il s’agit alors de se demander en quoi ils sont différents par rapport au trait commun observé. Je propose d’appeler cette comparaison différentielle (2003 : 50). Elle a trait à ce que Patrick Chamoiseau nomme la diversalité. Il est peut-être plus commode d’aller du particulier vers le général. Néanmoins, du point de vue heuristique, la prise en compte et l’examen des différences s’avèrent plus féconds pour la connaissance des phénomènes langagiers, littéraires et culturels, parce que la différenciation est un principe important de leur genèse. François Rastier dit à juste titre, dans Arts et sciences du texte :

Une sémiotique des cultures se doit [...] d’être différentielle et comparée, car une culture ne peut être comprise que d’un point de vue cosmopolite ou interculturel : pour chacune, c’est l’ensemble des autres cultures contemporaines et passées qui joue le rôle de corpus. En effet, une culture n’est pas une totalité : elle se forme, évolue et disparaît dans les échanges et les conflits avec les autres. (P.U.F. 2001 : 281)

Dans cette optique, la construction d’objet du type littérature universelle ou mondiale constitue à mon avis un obstacle majeur à la connaissance des phénomènes langagiers, littéraires et culturels. Je propose dans ma contribution d’abandonner la comparaison universalisante en faveur d’une comparaison dont l’objectif n’est pas l’universalisation, mais la différenciation des langues, des littératures et des cultures. La différenciation étant une des exigences épistémologiques du type de comparaison que je préconise, elle se fonde encore sur une autre, qui consiste à renoncer à instaurer un rapport hiérarchique entre les textes ou phénomènes à comparer. Certains conceptions de la langue et de la littérature qui sous-tendent ce qui s’appelle en France significativement non pas science littéraire (Literaturwissenschaft), mais critique littéraire empêchent en réalité d’emblée la mise en œuvre d’une telle comparaison différentielle et non-hiérarchisante en instaurant d’emblée des hiérarchies qualitatives entre les genres et les textes. La raison précise qui m’a amené vers l’analyse de discours réside dans le fait qu’elle se fonde sur une conception langagière dont l’objectif est la différenciation non évaluative de ses manifestations discursives. Une telle différenciation non évaluative qui préside aussi à l’analyse des systèmes des genres et des contextes proposée par l’analyse de discours me semble en effet pleinement compatible avec les objectifs d’une comparaison différentielle et différenciée des cultures et des littératures telle que je la conçois.

Dans l’introduction de votre ouvrage, vous insistez sur le caractère essentiel, voire programmatique, de la contribution de Pierre Zima, qui insiste sur l’importance d’un dialogue interdisciplinaire permettant de dépasser des théorèmes dogmatiques qui demeureraient autrement irréfutables au sein de leur propre sociolecte. Zima affirme ainsi, dans la conclusion de son article, que « dans l’univers des sciences humaines, il est impossible de trancher ou de réfuter définitivement. Il semble possible, en revanche, d’ébranler une théorie en la mettant en rapport dialectique et dialogique avec un discours et un sociolecte hétérogène : avec son antipode » (p. 31). Une telle conception souligne que c’est précisément « l’incompatibilité partielle des langages de groupe » qui produit cet « ébranlement » salutaire. N’avez-vous pas l’impression qu’une telle conception du dialogue interdisciplinaire est partiellement contradictoire avec l’ambition de produire un « alliance interdisciplinaire » qui aurait pour « cadre le champ d’une analyse de discours » (p. 72). Est-ce que la notion d’ébranlement prônée par Zima ne viserait pas plutôt à mettre au jour des oppositions irréconciliables comme, pour prendre un exemple que vous évoquez, la conception phénoménologique du texte défendue par Charles qui tranche avec la conception matérialiste articulée de Chartier (p. 70), au lieu de considérer que ces deux points de vue convergent pour produire une définition complexe, mais néanmoins unifiée, de la textualité ?

Nous fondons sur nos propres expériences respectives l’intérêt que nous trouvons l’un comme l’autre à l’« ébranlement » dont parle Peter V. Zima. Confrontés à tant de gens « inébranlables » dans leurs certitudes, nous avons constaté que les points aveugles des théories ne peuvent être désignés que de l’extérieur des théories en question. C’est cette dynamique de questionnement qui nous aide à avancer au lieu de tourner en rond. Quand des « inébranlables » se réunissent, ils juxtaposent leurs certitudes dans une pratique pluri-disciplinaire. C’est ainsi que se déroulent la plupart des réunions institutionnelles encore aujourd’hui. Nous pensons pourtant que la recherche peut se faire dans des groupes qui acceptent d’autres modalités de travail. Nous partageons avec P. V. Zima une définition forte des conditions de l’interdiscursivité et de l’interdisciplinarité :

Le dialogue théorique sert à briser les dogmes protégés et consolidés par la solidarité idéologique de groupements scientifiques. Ce n’est qu’un dialogue avec l’autre groupe, avec l’autre sociolecte, qui finira par mettre en question les théorèmes dogmatiques de mon groupe d’origine – et non pas une discussion intersubjective à l’intérieur du groupe.
[…] Ce n’est qu’une mise à l’épreuve inter-collective ou inter-discursive qui rend la discussion d’une hypothèse ou d’un théorème intéressante. C’est par rapport au discours de l’Autre (par rapport à l’altérité) que mon hypothèse doit être corroborée ou réfutée. (Théorie critique du discours 2003 : 16)

Pour éviter autant l’indifférence molle du tout se vaut que la dilution éclectique des savoirs, la conception dialogique de P. V. Zima nous semble en effet être une conception intéressante de la dynamique des savoirs :

Une théorie dialogique […] présuppose un Sujet théorique qui s’intéresse à la pensée de l’autre : à ses recherches, ses vérités et ses jugements de valeur. Elle exclut une indifférence postmoderne dans le cadre de laquelle toutes les positions, toutes les vérités apparaissent comme interchangeables. […] Elle refuse un pluralisme indifférent qui concède à chaque individu son droit d’exprimer ses jugements de valeur pourvu qu’il reconnaisse la suprématie de la valeur d’échange et du marché. (2003 : 16-17)

Pour nous le dialogue interdisciplinaire prend la forme d’une confrontation de propositions de sens qui permet de ne pas en rester à un affrontement abstrait des théories ou au laxisme libéral dénoncé autant par P. V. Zima que par Denis Thouard :

En prônant le plus grand libéralisme apparent en matière de sens, chacun devant être libre de comprendre un texte à sa guise, on neutralise du même coup la possibilité de discuter, de s’opposer, d’argumenter. Tout devient équivalent, seul l’arbitraire décide en dernier recours du sens. […]
C’est parce qu’une hypothèse de lecture est en concurrence avec d’autres, parce que les arguments et les constructions s’opposent, que l’on peut parler de science, ou tout simplement de rationalité. (Denis Thouard, « L’enjeu de la philologie », Critique n° 672, Paris, Minuit, 2003 : 349)

La question qui concerne les points de vue de Roger Chartier et de Michel Charles nous semble découler d’une mauvaise lecture. Il ne s’agit pas d’assimiler leurs perspectives disciplinaires. Disons que ce qui nous intéresse c’est que tous deux, depuis des points devue très différents, mettent le doigt sur une question problématique : la conception quasi naturaliste de l’objet texte qui caractérise les usages dominants ordinaires et scientifiques. Tous deux disent seulement : attention à cet impensé textualiste ! Nous pensons qu’il faut dénoncer un tel déficit épistémologique et le fait que d’autres le disent autrement nous paraît une chance de plus de convaincre de la nécessité de se poser cette question depuis chacune de nos perspectives propres, chacun à notre manière.

Dans cet ouvrage, plusieurs contributions soulignent ce que l’analyse de discours doit à la réactualisation et à la reconceptualisation de disciplines anciennes telles que la rhétorique et la philologie. Dominique Maingueneau, qui souligne la nécessité d’élucider le rapport de l’analyse de discours avec la philologie, soutient néanmoins qu’entre ces deux disciplines, il y a davantage une rupture qu’une continuité (p. 49). Selon vous, sur quels points essentiels ces approches anciennes des textes ont-elles été modifiées dans le contexte actuel ?

Dominique Maingueneau a parfaitement raison pour le contexte français. Il n’en va pas de même partout en Europe, en particulier en Italie et en Espagne. Un aspect du travail comparatiste consiste précisément à relativiser les évolutions des disciplines en observant et en comparant leurs histoires. Au sein de notre groupe de recherches, nous avons la chance de pouvoir confronter des histoires institutionnelles allemandes, italiennes, anglaises, suisses et françaises. Nous nous proposons de réfléchir aux apports des différentes disciplines et aux possibilités de les reconceptualiser en fonction de nouvelles exigences et questions scientifiques et historiques. Jean-Michel Adam a consacré son livre Le style dans la langue, (Delachaux & Niestlé, Lausanne, 1997) à une reconception de la stylistique qui est une proposition de dépassement de la discipline par l’analyse textuelle des discours. Nous avons pris à propos de la traduction des positions comparables très directement inspirées des positions d’Henri Meschonnic. Nous renvoyons en particulier à notre article sur des traductions d’un petit texte de Kafka : « Du récit au rocher : Prométhée d’après Kafka », in U. Heidmann éd. Poétiques comparées des mythes (Lausanne, Payot, 2003 : 187-212).

En assumant l’héritage de la philologie (dont l’ambition était de construire un « savoir positif » fondée sur une « interaction entre plusieurs espaces de savoir » p. 48) et en prônant le travail sur corpus avec des techniques éprouvées, parmi lesquelles on trouve aujourd’hui les technologies numériques, l’analyse de discours n’est-elle pas en train d’effectuer un retour vers une forme d’épistémologie néo-positiviste dans le champ des sciences humaines ? Si c’est le cas, cela ne rend-il pas plus compréhensible la résistance de certains secteurs des sciences humaines à entamer un dialogue interdisciplinaire placé sous l’égide de l’analyse de discours, notamment quand ces disciplines (comme les études littéraires et la philosophie par exemple) semblent avoir renoncé le plus souvent à l’essentialisation de leur objet et à la méthode d’analyse empirico-déductive.

En guise de réponse au reproche parfaitement absurde d’éventuelles velléités néopositivistes de notre approche, nous voudrions simplement renvoyer de nouveau à la contribution de Pierre Zima. Elle expose de façon limpide la nécessité inhérente à la démarche scientifique d’expliciter les présupposés et les modalités qui président à la construction de nos objets, nécessité absolue pour rendre possible le dialogue interdisciplinaire. C’est précisément la conscience aigue et la prise en compte du fait que tous les textes et discours (inclus nos discours métalinguistiques et métapoétiques) sont des constructions d’objets et pas des données « naturelles » qui caractérise la démarche de l’analyse de discours. Il nous semble en revanche trop optimiste de croire que « les » études littéraires ou « la » philosophie auraient désormais renoncé à essentialiser leurs objets ! Il suffit d’observer le manque de définition et la prétention universaliste qui caractérisent aujourd’hui certaines études et enseignements de « la » culture pour comprendre que le danger néo-positiviste guette probablement ailleurs.

L’analyse de discours est particulièrement sensible au rapport du texte avec son contexte de production. Vous montrez notamment que l’étude des différentes « variantes » d’un texte fait apparaître le rôle de l’instance éditoriale et de la traduction dans la circulation des textes et leur réception. N’avez-vous pas l’impression, cependant, que le pôle de la lecture, qui se rattache à une conception phénoménologique ou esthétique de la textualité, est le parent pauvre de l’analyse de discours, qui préfère s’en tenir aux manifestations matérielles du texte et aux procédures qui conduisent à la production de cette matérialité (par homologie avec la linguistique énonciative). Dans un entretien publié sur Vox Poetica, Ruth Amossy, revenant sur les acquis de la période structuralistes, affirmait que « dans le domaine littéraire, les approches inspirées du structuralisme visaient à promouvoir une analyse interne des textes délivrée de la tyrannie d’une "intention d’auteur" préalable à l’écriture. Elles remplaçaient le principe d’un sens univoque dont l’écrivain serait le seul détenteur, par celui du texte comme producteur de significations multiples échappant en partie au contrôle du sujet écrivant. » Elle ajoutait qu’elle ne pensait pas « qu’on puisse revenir sur ces acquis, qui sont fondamentaux, et qui ont en leur temps complètement bouleversé notre approche de l’œuvre littéraire. » A l’histoire du texte et de ses variantes, ne faudrait-il pas, par conséquent, ajouter l’histoire de ses lectures empiriques, histoire dans laquelle le « sens » du texte ne serait pas nécessairement lié à son « contexte de production », mais à celui de son « actualisation » par un lecteur ?

Le virage de l’analyse de discours que Jacques Gilhaumou accomplit en disant que « l’analyse de discours est une discipline interprétative à part entière » prouve une évolution du champ qui oblige en retour à revenir sur l’herméneutique… elle aussi un peu rapidement et facilement exclue du champ de nos préoccupations. Frédéric Cossutta parle d’un « déficit interprétatif » de l’analyse du discours (« Catégories descriptives et catégories interprétatives en analyse du discours », in Texte et discours : catégories pour l’analyse, J.-M. Adam, J.-B. Grize et M. Ali Bouacha éds., Editions Universitaires de Dijon, 2004 : 197). Il situe ce déficit interprétatif entre le « risque du formalisme lié à une lecture insensible à la signification du texte, qui négligerait de rapporter l’étude des formes de mise en discours à la teneur de ce discours » (2004 : 197) et les risques du commentaire traditionnel qu’il définit comme « une herméneutique oublieuse de sa philologie » (id.). Avant d’examiner les conditions de possibilité d’un moment interprétatif – complémentaire du moment philologique – en analyse du discours, F. Cossutta dresse un constat et propose un programme que nous partageons assez pour le citer longuement :

L’analyse du discours se définit en articulant la description et l’explication des phénomènes discursifs et par le refus corrélatif de l’interprétation. Ce refus est la condition d’une approche objectivée des phénomènes textuels dans un cadre épistémologique à vocation scientifique. Pour l’analyse du discours, analyser un texte n’a pas pour visée de le comprendre, mais d’abord de l’expliquer […]. Est-ce à dire que toute interprétation est exclue parce qu’elle est antinomique avec la définition ? Oui si l’on entend par interpréter : restituer un sens intrinsèque qui serait lié au texte, accessible par « compréhension » ; mais si interpréter c’est se donner une hypothèse contraignant la lecture, et mettre cette hypothèse à l’épreuve d’une étude discursive du texte, alors la catégorie d’interprétation est susceptible d’être réhabilitée du point de vue de l’analyse du discours. Mais il faut alors au préalable dissocier l’interprétation de la compréhension. On contribuerait ainsi à une approche non herméneutique de l’interprétation. (2004 : 189)

Les « lectures empiriques » dont vous parlez en fin de question nous semblent être abordables à travers la façon dont les textes eux-mêmes lisent les textes. Ainsi La petite sirène d’ Andersen se fonde sur une lecture précise de l’Undine de La Motte Fouqué, L’Ombre est une (re)lecture et une réécriture de Peter Schlemihl de Chamisso et Le Pêcheur et son âme d’Oscar Wilde une (re)lecture et une réécriture des deux contes d’Andersen. Nous nous intéressons aussi aux (mé)lectures d’auteurs comme Marie-Catherine d’Aulnoy, Marie-Jeanne Lhéritier ou Catherine Bernard mal menées au profit d’un Perrault lui-même souvent injustement limité au rôle d’un transcripteur du folklore alors que ses contes résultent des ses lectures très précises des textes de La Fontaine, de Lhéritier et de Bernard ou encore de Boileau. Ces lectures nous intéressent au plus haut point et nous y consacrons une grande partie de notre livre que nous venons de finir d’écrire et qui met en œuvre tous les principes théoriques et méthodologiques dont il est question ici.

Une attention accrue portée sur le contexte de production et de diffusion du texte, dans le cadre de l’analyse de discours, ne risque-t-elle pas de renforcer une conception normative et « scholastique » (ou scolaire) du texte, qui s’oppose à la pratique quotidienne de la lecture, à ce qu’est un texte pour un lecteur ordinaire ?

Notre tâche est sans doute de transformer la lecture scolaire (ou scholastique). Ce que nous voulons enseigner, c’est l’ébranlement qu’un texte peut produire. Nous avons à montrer ses résistances et à restituer son étrangeté surtout quand nous croyons si bien le connaître comme Le Petit chaperon rouge ou La Barbe bleue. Dé-waltdysnéiser Cendrillon ou La Petite sirène, mais aussi débarrasser certains textes de Kafka du poids de certaines éditions et de certaines traductions françaises, nous semble une tâche assez intéressante ! Est-ce scolaire de dégager les textes des siècles de commentaires qui pèsent sur la « lecture ordinaire » ? La tâche de l’université est d’historiciser les textes et leurs lectures, dont la nôtre, bien sûr. Ce travail difficile n’est pas très éloigné de l’entreprise d’herméneutique philologique que dessinait Peter Szondi dont il faut lire l’Introduction à l’herméneutique littéraire (Paris, Ed. du Cerf, 1989) ou Poésie et poétique de l’idéalisme allemand (Paris, Gallimard, coll. TEL n° 194, 1991 [1974]). La frontière qui sépare limites « normatives » et dérives interprétatives n’est pas facile à établir, mais nous nous intéressons plus aux « limites de l’interprétation » qu’aux errances libertaires. Du moins, sur ce point, nous faisons la différence entre lecture privée et lecture universitaire. Ce qui n’est peut-être pas le cas de tout le monde.

Pour conclure, et puisque les discussions autour des sciences du texte et de l’analyse de discours soulèvent nécessairement des questions (inter)disciplinaires et institutionnelles, comment voyez-vous l’avenir des études littéraires et de la linguistique textuelle dans un environnement académique qui apparaît aujourd’hui en pleine « crise d’identité » ?

Les replis sur les territoires disciplinaires qui se renforcent au moment même où les réformes européennes invitent à l’interdisciplinarité, sont en effet décourageants. La perte de la pensée du continu du langage dont parle Henri Meschonnic reste certainement un problème capital. Mais nous sommes convaincus de la nécessité de la démarche interdisciplinaire et de la pertinence du programme de remembrement des études formulé il y a trente ans par Tzvetan Todorov. Et nous n’abandonnons pas l’espoir de pouvoir mettre en dialogue les sciences linguistiques et littéraires. Les interlocuteurs qui nous aident à espérer, par leur amitié et la fermeté de leur pensée, sont d’abord Claude Calame, toujours proche malgré son passage de Lausanne à l’EHESS, Silvana Borutti et Emmanuelle Danblon, Henri Meschonnic, Dominique Maingueneau, Jean-Marie Schaeffer, Pierre Zima et Jean-Marie Viprey.
1 « La coupure langue/littérature et la discipline“français” », in Littérature et sciences humaines, A. Boissinot et al. éds., Université de Cergy-Pontoise-Les Belles Lettres, 2001 : 149.

2Voir sur ce point la Conférence en ligne de Jean-Michel Adam qui reprend le texte de sa conférence plénière d’ouverture des Journées internationales d’Analyse des DonnéesTextuelles (JADT) de Besançon, 19-21 avril 2006 : « Autour du concept de texte. Pour un dialogue des disciplines de l’analyse des données textuelles ». format PDF. [http://www.cavi.univ-paris3.fr/lexicometrica/jadt/JADT2006-PLENIERE/JADT2006_JMA.pdf]

la source
science des textes littéraires et analyse du discour entrettien avec ute
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#Posté le lundi 21 mai 2007 13:00

Modifié le lundi 21 mai 2007 14:16

article sur la chanteuse lara fabian

Lara Fabian
Lara Fabian (de son vrai nom Lara Crokaert) est née le 9 janvier 1970 à Etterbeek, en Belgique. C'est une chanteuse-auteur-compositeur francophone internationale. Lara Fabian est de nationalité canadienne et réside désormais dans la banlieue la plus huppée du Canada, Westmount au Québec.

Enfance et adolescence
Le père de Lara (Pierre) est flamand et sa mère (Luisa) est sicilienne. Le prénom Lara vient du personnage principal féminin du Docteur Jivago. Lara passe les cinq premières années de sa vie au pied du volcan Etna, à Catane, et ne revient en Belgique que par la suite. La petite famille s'installe alors dans la banlieue de Bruxelles, à Ruisbroek. C'est également à l'âge de cinq ans que Lara a le déclic pour la musique et la chanson en écoutant Ève Brenner à la radio, dans la voiture, seule avec son père. Elle déclare alors : « Papa, je suis chanteuse » et elle se met à chanter les vocalises d'Ève avec une facilité surprenante.

Pour la Saint-Nicolas, à l'âge de 8 ans, ses parents lui offrent un piano. Lara commence alors à prendre des cours de chant, de danse, de piano, de solfège… et elle débute son éducation musicale au Conservatoire Royal de Bruxelles en 1978. Elle y étudiera pendant dix ans le chant lyrique tout en commençant à écrire des mélodies et des textes. Les artistes fétiches de Lara à cette époque (et encore aujourd'hui) sont Barbra Streisand et Queen.

C'est à l'âge de 14 ans que Lara commence à participer à de nombreux concours en Belgique, le plus souvent couronnée de succès.

En 1988, âgée de 18 ans, Lara participe au Grand Concours Eurovision de la Chanson avec la chanson Croire et termine 4e. Elle représente le Luxembourg. Sa chanson, traduite en anglais (Trust) et en allemand (Glaub), se vend à environ 500 000 exemplaires en Europe.

La même année, Lara part au Québec pour promouvoir une chanson (Je sais) qu'elle a récemment enregistrée et tombe amoureuse de la Belle Province. Elle entreprend ensuite des études de criminologie infantile en Italie, mais elle arrête au bout d'un an, persuadée que son destin ne se joue pas ici. Elle rencontre effectivement Rick Allison en mai 1990 dans un piano-bar de Bruxelles. C'est le coup de foudre artistique et amoureux. Peu de temps après, ils décident de tout abandonner et de partir tenter leur chance dans un pays inconnu, le Canada.

Avant cela, le père de Lara produit et finance (avec toutes ses économies) le premier album de Lara, Lara Fabian.


Départ pour le Québec [modifier]
Avec seulement peu d'argent et deux valises, les deux amoureux s'installent à Montréal. Lara crée ensuite son propre label de musique, Productions Clandestines. C'est en août 1991 que l'album Lara Fabian sort au Canada. Les Québécois tombent très vite sous le charme et le disque se vend à 100 000 exemplaires. Il sera certifié or, puis platine l'année suivante. Dès 1991, Lara est nominée aux Félix (l'équivalent des Victoires de la Musique françaises) et un sondage, fait à l'époque, révèle Lara comme la chanteuse la plus prometteuse du Québec.

En 1994, Lara sort son deuxième album Carpe Diem qui est un succès immédiat : en deux semaines, l'album devient disque d'or. Les trois singles sont : Tu t'en Vas, Si tu m'aimes et Leila. L'année suivante, l'album est triple platine. Lara entame sa première véritable tournée, intitulée Sentiments Acoustiques, à guichets fermés.

1995 est l'année des récompenses et de la consécration au Québec : Lara reçoit le Félix Meilleure Interprète Québécoise de l'Année et le Félix du Meilleur Spectacle. Elle est également récompensée à Toronto, pour l'équivalent anglophone des Félix. En janvier 1995, Serge Lama l'invite à chanter avec lui Je suis Malade à Paris, au Palais des Congrès. Impressionné, il lui redemande de la chanter seule sur scène à la plus grande joie du public.

En juin 1995, Lara se rend à New York pour rencontrer David Foster et… Barbra Streisand. Les deux femmes dîneront même ensemble. C'est en juillet 1995 que Lara décide de devenir citoyenne canadienne.

En 1996, les studios Walt Disney demandent à Lara de prêter sa voix à Esméralda dans le dessin animé Le Bossu de Notre-Dame. La version de Lara (en français) figurera même sur le disque américain de la bande originale, une première.

Cette même année, Lara sort son 3e album, Pure. Cette fois-ci, en moins de deux semaines, l'album est certifié disque de platine au Québec.

En 1997, elle remporte le Félix Meilleur album de l'Année et est également nominée aux Junos (la version anglophone) pour la Meilleure Interprète Féminine et Meilleur album Francophone de l'Année. En avril 1997, Lara chante en duo avec le chanteur américain Richard Marx, la chanson s'intitule "Surrender To Me". Elle figurera sur le 5e album du chanteur.


Retour en Europe
Deux mois plus tard, l'album Pure sort dans les pays francophones européens. Son premier disque d'or, elle le reçoit en Belgique, en septembre. À partir de ce moment-là, Lara sera partout. Pure se vend finalement à environ deux millions d'exemplaires… Il est rare qu'une artiste ait une ascension si fulgurante. En 1997 également, Lara signe un contrat avec Sony pour enregistrer des albums en anglais.

La chanteuse attire à nouveau le cinéma et on lui demande de composer une chanson avec son partenaire Rick Allison pour le film Daylight avec Sylvester Stallone. L'année 1998 commence par une tournée. Lara reçoit également une Victoire de la Musique pour la Révélation de l'Année.

En septembre, Lara rejoint Johnny Hallyday au Stade de France pour y chanter Requiem pour un Fou, un duo qui restera gravé dans les mémoires. Lara obtient une statue au Musée Grévin. Elle est la première chanteuse canadienne à avoir cet honneur.

Fin 1998, Lara repart en tournée dans toute la France et la Belgique. Début 1999 sort son premier album live qui se classe directement en première place des ventes, détrônant Notre-Dame de Paris. Elle est nominée aux Victoires de la Musique pour la Chanteuse de l'Année et reçoit un prix au World Music Awards. Elle est la chanteuse à avoir vendu le plus de disques dans le Benelux (Belgique, Pays-Bas et Luxembourg). Elle est également nominée au Gala de l'ADISQ dans les catégories Interprète Féminine de l'Année et Artiste s'étant le plus illustré hors Québec.

En juillet 1999, voyant les six millions d'albums vendus en Europe, Polydor décide de sortir les albums québécois de Lara.

Malgré une promotion intense, Lara trouve le temps d'enregistrer son premier album anglais aux États-Unis, entre New York et San Francisco. Elle écrit des chansons avec son complice de toujours, Rick Allison, mais également Dave Pickell, Walter Afanasieff, Glen Ballard et Pat Leonard. Cet album (Lara Fabian) sort en 1999 où il atteint la première place des ventes en France et en Suisse.


Carrière internationale
En mai 2000, l'album sort aux États-Unis et le premier single, I will love again devient numéro un des charts dance (et 32ème au Billboard). Son deuxième single sera Love by Grace. 2000 est une année de folie pour Lara Fabian : elle part en promotion dans le monde entier : au Japon, en Europe, en Amérique du Sud, aux États-Unis bien sûr… En novembre, elle reçoit un nouveau Félix, celui de L'Artiste s'étant le plus illustré hors Québec dans une autre langue que le français.

En décembre, elle rejoint quelques stars américaines pour chanter au Madison Square Garden. En 2001, elle poursuit sa promo internationale avec le single Love by Grace qui aura un succès étourdissant au Brésil. Elle participe à des émissions de télévision du monde entier. En mars 2001, une chaîne américaine lui consacre une soirée spéciale, From Lara with Love, il s'agit d'un concert enregistré au Canada.

En mai 2001, elle obtient une nouvelle fois le prix des World Music Awards pour la chanteuse ayant vendu le plus de disques dans le Benelux. C'est également ce mois-ci que le single J'y crois encore sort en Europe. Lara profite d'une accalmie pour enregistrer plusieurs chansons : The Dream Within pour le film Final Fantasy: The Spirits Within et For Always pour le film A.I: Artificial Intelligence, de Steven Spielberg, en duo avec Josh Groban.


Retour dans la francophonie
En août 2001, l'album Nue est lancé à Montréal. Il se classera directement numéro un en Belgique. Fin 2001, elle part en tournée et sortira un nouvel album live. L'année 2002, Lara poursuit sa tournée et sort un DVD intitulé Intime. Elle organise également un concert privé qui lui donnera l'idée du spectacle En Toute Intimité… Elle le présentera en Europe francophone en 2003. C'est certainement l'une des tournées qui a le plus marquée les gens.

En 2003 toujours, Lara commence l'écriture de son deuxième album en anglais. Elle chante également avec Maurane (Mais la Vie) et écrit une chanson pour Nolwenn Leroy, Inévitablement. En septembre 2003, elle retrouve Josh Groban lors d'un gala à Boston lors du Boston Pop Festival. Elle chante Evergreen de Barbra Streisand, mais également For Always avec le Ténor Américain. L'album live En toute intimité sort en octobre.

En 2004, Lara poursuit sa tournée acoustique qui l'emmène à Tahiti, en Russie et au Liban, entre autres. Elle participe au film musical De-Lovely d'Irwin Wrinkler. Elle y chante notamment avec Mario Frangoulis. Lara montera les marches à Cannes en compagnie des autres chanteurs-acteurs.

Lara fait un duo avec Russell Watson, un grand ténor britannique. Ils chantent The alchemist, chanson qui figure sur l'album de ce dernier. En juin 2004, le deuxième album anglais de Lara sort en Europe. Il s'intitule A wonderful life. Les deux singles sont No big deal en Europe francophone et The last goodbye pour les autres pays européens. Mais la promotion de l'album ne se fera jamais, Lara connaissant des soucis de santé apparemment graves, alors qu'elle s'apprête à rompre son contrat avec Sony Music, suite à de gros désaccords.

En février 2005, Lara sort son nouvel album français, 9. Il marque un véritable tournant dans sa carrière car elle se sépare pour la première fois de Rick Allison. L'album est en effet un quatre-mains avec Jean-Félix Lalanne. Les singles sortis sont La lettre et L'homme qui n'avait pas de maison. Les autres chansons exploitées sont Un ave maria, Il ne manquait que toi, Ne lui parlez plus d'elle.

En octobre 2006, après une longue tournée européenne de 80 dates, Lara Fabian sort l'album live qui en découle, Un Regard Neuf, et en assure la promotion avec une chanson inédite, Aime. À la même époque, elle enregistre un duo avec le chanteur italien Gigi d'Alessio, intitulé Un Cuore Malato, qui sera apparemment également traduit en espagnol.

En novembre 2006, Lara écrit une chanson avec Dave Stewart, membre du groupe Eurythmics.

Début 2007 marquera un nouveau tournant dans sa carrière, puisqu'il sera placé sous le signe de l'Italie. Lara semblerait en effet vouloir tenter sa chance dans le pays de ses origines et s'éloigner, à nouveau, des pays francophones.

De plus, elle s'orienterait également vers le théâtre et le cinéma.

À ce jour, Lara Fabian a vendu environ 12 millions d'exemplaires des ses albums et singles à travers le monde (dont 7/8 millions d'exemplaires de ses d'albums)
Auteur-compositeur
Lara Fabian a écrit et/ou composé environ 56 chansons pour ses propres albums. Elle a également écrit pour d'autres, comme par exemple :

Inévitablement pour Nolwenn Leroy
De la Peau pour Sandy Valentino
Dis-moi que tu m'aimes pour Chimène Badi
Donne pour Myriam Abel
Faire semblant pour Cristina Marocco
Avant pour Daniel Lévi
Je me pardonne pour Rick Allison
Elle a aussi écrit et composé pour Roland Karl, Mario Pelchat et bien d'autres.


Divers
Lara parle couramment le français, l'anglais, l'italien et l'espagnol. Elle se débrouille également en néerlandais.

Elle a déjà enregistré plusieurs chansons en espagnol. Elle a aussi chanté en allemand et en portugais.

Elle fréquente actuellement le réalisateur Gérard Pullicino.

Lara vit actuellement à Bruxelles mais elle vient de se racheter une maison au Québec.

Elle prépare un album en italien avec Gigi d'Alessio ainsi qu'un album en plusieurs langues (anglais, italien, espagnol…) qui devrait sortir à l'été 2007.


Tournée
Après sa longue tournée Un Regard Neuf qui a rassemblé plus de 200 000 spectateurs en France, en Belgique, en Suisse, au Luxembourg, au Maroc, au Canada...

Lara a organisé bénévolement un concert caritatif en septembre 2006 au Casino de Paris au profit de l'association "Assistance Médicale Toit Du Monde" dont elle est devenue la marraine, et qui a permit de récolter 49 000 € au profit des enfants du Népal et du Tibet…AMTM

Lara au printemps 2007 était aussi en tournée avec Night Of The Proms, une tournée à travers la France et à la Belgique.

Elle s'est aussi produite au célèbre théâtre Ariston en Italie lors du célèbre Festival de le musique italienne à Sanremo avec la chanteur italien Gigi d'Alessio, le 2 mars pour y interpréter "Adagio" et "Un Cuore Malato" diffusé en direct sur la première chaîne télévisée italienne Rai Uno.+ d'infos

Puis Lara était en concert pour l'inauguration officielle de L'olympia de Montréal, durant deux jours, pour présenter pour la première fois dans son intégralité au Canada, son spectacle "Un Regard 9"...


Lara repartira en concert dans le monde (Algérie, Turquie, Portugal, Russie...)

Elle sera notamment au:

Casino de Póvoa à Povoa de Varzim (Portugal) : le 05 mai 2007.
Théatre Operetta à Moscou (Russie) : le 28 mai 2007.



Dates et Réservations officielles
Dates en avant première

Voir aussi

Articles connexes
Albums québécois les plus vendus
Meilleures ventes d'albums de chanteurs canadiens

Liens externes
Site officiel
Le site de référence sur Lara Fabian
Lara Fabian
Site personnel sur Lara Fabian avec quelques vidéos
Lara Fabian Web
Site suisse sur Lara Fabian
Site personnel sur Lara Fabian
Site entièrement consacré à la carrière artistique de Lara
Site français-espéranto sur Lara Fabian
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#Posté le lundi 21 mai 2007 11:18

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